Recommandations du Directoire professionnel des Plasticiens relatives aux implants mammaires et au risque de LAGC du 22/11/2018
RECOMMANDATIONS
du Directoire Professionnel des Plasticiens relatives aux implants mammaires et au risque de LAGC
Prenant aÌ€ la fois en compte les donneÌes scientifiques dont il dispose actuellement concernant le LAGC (lymphome anaplasique aÌ€ grandes cellules), et les principes deÌontologiques qui reÌgissent l’exercice de la MeÌdecine, le Directoire Professionnel des Plasticiens reÌuni sous l’eÌgide de la SoFCPRE recommande doreÌnavant de ne plus mettre en place d’implants mammaires aÌ€ surface macro-textureÌe de type Biocell® de la marque Allergan® en raison de la sur-repreÌsentation de ces protheÌ€ses dans cette pathologie. Le Directoire reste prudent concernant les autres implants aÌ€ surface macro-textureÌe et les implants aÌ€ surface recouverte de polyureÌthane, pour lesquelles les travaux se poursuivent pour deÌterminer une eÌventuelle exposition au risque.
Concernant les femmes porteuses d’implants mammaires aÌ€ surface macro-textureÌe de type Biocell®, le Directoire ne recommande pas d’explantation preÌventive aÌ€ titre systeÌmatique, car le risque de survenue d’un LAGC est extreÌ‚mement faible.
Comme aÌ€ toutes les femmes porteuses d’implants mammaires le Directoire recommande avec ses tutelles[1] une surveillance annuelle chez leur chirurgien, leur gyneÌcologue ou leur meÌdecin traitant (examen clinique, eÌchographie et IRM au moindre doute).
En cas d’eÌpanchement abondant, d’augmentation de volume, de douleur, d’inflammation, ou de toute anomalie au niveau du sein, quel que soit le moment de sa survenue ou en cas de traumatisme sur le sein, une consultation meÌdicale est indispensable.
En l’absence d’anomalies cliniques ou radiologiques, il est toutefois inutile de modifier la freÌquence et les modaliteÌs d’une surveillance annuelle.
En cas d’explantation ou de changement d’implant, des preÌleÌ€vements de capsule peÌriprotheÌtique ou d’un eÌventuel eÌpanchement devront eÌ‚tre systeÌmatiquement effectueÌs pour le reÌseau lymphopath.
ProfondeÌment soucieux de la santeÌ de leurs patientes, les chirurgiens plasticiens français se preÌoccupent depuis janvier 2011 du probleÌ€me du LAGC et travaillent aÌ€ cet effet en eÌtroite collaboration avec leurs instances de tutelle (DGS, ANSM, InCA) et avec les socieÌteÌs scientifiques internationales (ASAPS).
MalgreÌ le grand nombre d’inconnues, il apparaiÌ‚t aujourd’hui que la texturation de l’implant pourrait jouer un roÌ‚le important dans la survenue du LAGC. GraÌ‚ce aÌ€ son reÌseau Lymphopath unique au monde, la France a pu recenser 50 cas de LAGC de 2009 aÌ€ juillet 2018. Ces cas concernaient dans la majoriteÌ des cas des implants aÌ€ surface textureÌe. A cet eÌgard, les chirurgiens plasticiens français avaient eÌmis en 2017 une recommandation de prudence concernant l’utilisation des implants macrotextureÌs et la relativiteÌ de leur indication. Depuis lors, aÌ€ la suite des conclusions des travaux commanditeÌs par l’ANSM et publieÌs en juillet 2018[2], on distingue les implants mammaires en 4 cateÌgories selon la nature de leur surface : lisse, micro-textureÌe, macro-textureÌe, et recouverte de polyureÌthane.
Si la France est le seul pays au monde aÌ€ disposer du reÌseau de centres experts « lymphopath », elle est en revanche en retard dans la mise en place d’un registre national de surveillance des implants mammaires. En collaboration avec la FeÌdeÌration des SpeÌcialiteÌs MeÌdicales (FSM) et l’ANSM, le Directoire Professionnel des Plasticiens a pourtant deÌveloppeÌ un tel registre, qui est opeÌrationnel depuis 3 ans, mais dont la mise en application s’est malheureusement heurteÌe jusqu’aÌ€ ce jour aux proceÌdures administratives de la CNIL.
Si le sujet est preÌoccupant, il faut toutefois garder le sens de la mesure et ne pas inquieÌter inutilement la population. La freÌquence du LAGC est si faible que le risque est encore treÌ€s difficile aÌ€ quantifier. Pour la meÌ‚me raison, il n’est pas possible d’identifier preÌciseÌment les facteurs de risques associeÌs aÌ€ cette pathologie, qui sont vraisemblablement multiples. A coÌ‚teÌ de la texturation de surface des implants en effet, le roÌ‚le de certains microbes et le terrain geÌneÌtique ont eÌteÌ incrimineÌs, qui neÌcessitent aussi des eÌtudes compleÌmentaires.
Tant en chirurgie reconstructrice qu’en chirurgie estheÌtique, et lorsqu’il n’existe pas de solution alternative raisonnable, le Directoire souligne que les beÌneÌfices apporteÌs aux patientes par les implants mammaires sont actuellement infiniment supeÌrieurs au risque de LAGC.

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